juillet 8, 2020
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Grève Numilog et les batailles d’arrière garde

Grève Numilog et les batailles d’arrière garde
Par Samir Larabi Bejaia06.com 08/07/2020

Il ya trois jours, les travailleurs de Numilog (Filière de Cévital) appartenant a l’oligarque Isaad Rebrab, ont entamés une Gréve cyclique de trois jours pour dénoncer la situation qui prévaut au sein de cette entreprise dite « Citoyenne ».
Depuis plusieurs mois, les conditions de travail se sont dégradées et un grand malaise des plus profonds s’est installé chez les travailleurs de cette entreprise. Selon les témoignages des travailleurs, l’entreprise a augmenté la cadence du travail sans contre partie financière, les heures supplémentaires non payés, pourtant garantie par la loi. Les chauffeurs travaillent des fois plus 24h sans bénéficier de récupération ou de payement des heures supplémentaires. Pire encore, la direction a supprimé d’une manière unilatérale plusieurs primes, ce qui a provoqué une baisse substantielle des salaires et une érosion du pouvoir d’achat des salariés.
Une situation objective et désastreuse qui a poussée la majorité des travailleurs de l’agence de Bejaia a réagir et de se doter de leur propre section syndicale élu démocratiquement pour se défendre légalement. Etant donné que l’administration refuse de négocier et discuter directement avec les travailleurs. Pour rappel, il ya quelques mois , ces travailleurs ont organisés plusieurs débrayages, sans que l’administration daigne prendre en charge les revendications des salariés.

Une bataille démocratique

La bataille des travailleurs de Numilog s’inscrit dans cette quête profonde contre la Hogra Patronale et la défense des libertés démocratiques et syndicale.
En effet, au lieu de répondre aux revendications des travailleurs, l’administration de Numilog a procédé au licenciement de 03 travailleurs qui font partie du Bureau de la section syndicale. Un licenciement abusif car il s’est fait sans passer par les étapes prévues par la loi , sans notification de licenciement et pour activité syndicale. Ce qui met l’administration au dessus des lois de la République et du travail.
Pire encore, l’administration de cette entreprise dite « Citoyenne » refuse aux travailleurs de se doter d’une section syndicale et daigne de la reconnaitre. Ce qui représente une grave atteinte aux libertés syndicales chèrement acquise par les hautes luttes des travailleurs et de la jeunesse algérienne. Des libertés syndicales qui demeurent un des acquis de notre révolution nationale et une exigence de notre processus Révolutionnaire de Fevrier 2019.
Apres trois jours de grève, la direction de Numilog et de Cévital fait la sourde oreille aux revendications légitimes et légales des travailleurs. Elle nous rappelle les pratiques du régime face aux luttes des syndicats de la fonction publique (Education, communaux, santé …) face au régime, il ya quelques années.

La Diversion

Au lieu de soutenir cette bataille démocratique, certains, notamment l’ancien porte parole du fameux comité de solidarité aux travailleurs essaye de créer une diversion pour nous faire oublier les revendications des travailleurs et les grave atteintes aux libertés syndicales, dont il se réclame faussement. Il utilise comme par hasard le meme argumentaire de leurs amI Ferhat Ait Ali, actuel Ministre de l’industrie. Désolé, ne changez pas de sujet (Ma tbedelch le sujet comme disent les Hirakiste) !
Toute honte bue , il écrit ceci :
« Les travailleurs licenciés doivent d’abord compter sur le soutien de leur collègues de numilog et suivre toutes les voies légales pour faire valoir leurs droits et éviter d’externaliser leur problèmes », comme si les travailleurs de Numilog ne veulent pas respecter la voie légale ». Au lieu d’interpeler l’employeur qui méprise et les travailleurs et libertés syndicales, il choisi de porter le chapeau aux travailleurs, Ayen yelan ghef Uççen yeratth ghef Umekssa , comme dit l’adage kabyle.
Plus loin, il s’enfoce en conseillant aux travailleurs de ne pas « tomber ainsi entre les mains des mercenaires politiques qui sont, au mieux dans la manipulation, au pire dans le marchandage ! », toujours dans la théorie du complot. Discours cher au tenant du régime.
Cependant ni notre « ami » défenseur des travailleurs et la direction de Cévital, ne nous ont pas expliqué comment la direction de l’agence Numilog d’Oran reconnait la section UGTA et l’Agence de Bejaia la refuse. Sommes nous dans la même entreprise ou pas ? Sommes-nous face une entreprise bicéphale ?

Sur l’UGTA et le patronat

Ce n’est pas un secret pour personne que l’UGTA est un syndicat bureaucratique qui a soutenu les choix politiques du régime, mais faut pas occulter aussi les positions du patronat et ses syndicats dans le maintien du régime. On comprend mal ces deux poids, deux mesures. Pourquoi exiger la dissolution de l’UGTA en se taisant sur ce patronat qui a soutenu et qui continue a soutenir le régime, voire qui fait partie de la contre révolution. Un patronat embourbé dans l’ensemble des dossiers de corruption. Pourquoi se taire sur leur saint patron Rebrab qui a financée plusieurs campagnes et activités des partis du régime. Le Bachagha Rebrab qui a imposé aux travailleurs de Cévital de signer des imprimés de candidature en faveur d’une liste aux élections législatives de 2017,( ce qui représente une participation a la fraude électorale, dont la candidate élu siège encore au parlement).De se taire sur l’ensemble des avantages octroyés par le régime depuis les années 90 a ce jour et ce n’est pas grace au bon dieu (هذا ليس بفضل ربي.(
En plus, votre Bachagha Rebrab est un élément de la nouvelle recomposition en cours au sommet de l’Etat . C’est un autre pilier de la contre révolution , notamment en Kabylie. Vous avez oublier que les Rebrabs ont été reçu reçu par Tebboune et le ministre de la santé grâce à ferhat Ait ali ?
Alors de grâce, taisez vous a jamais et ne prenez pas la population pour des cons. Chiche, allez jusqu’au bout de votre absurde logique.

Construisons la solidarité

Comme nous l’avons signalé en haut, la bataille des travailleurs est avant tout une bataille pour la dignité des travailleurs et pour la défense des libertés démocratiques et syndicales. Ce n’est pas a des personnes ou groupes externes de décider des choix syndicaux des travailleurs de Numilog ou de jeter de l’anathème sur eux. Ce n’est pas eux qui sont dans l’erreur, mais cette entreprise qui se dit « citoyenne » qui bafoue une énième fois les fondement de la « Citoyenneté », a savoir les libertés syndicales. La bataille des travailleurs de Numilog SPA fait partie de ce petit ruisseau qui va alimenter ce grand fleuve de notre processus révolutionnaire en cour. Leurs tourner le dos, c’est tourner le dos a ces aspirations profondes du peuple a la démocratie et a la véritable justice sociale. C’est la que la solidarité agissante trouve tous son sens politique. La démocratie est un tout ou rien, elle ne doit pas aussi s’arrêter devant les portes des entreprises, administration et de nos universités.

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