mars 2, 2024
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LE GAZ : LA FACE CACHEE DE LA GUERRE D’ISRAEL CONTRE GAZA

Par Abbes HAMADENE in Facebook 02 mars 2024

LE GAZ : LA FACE CACHEE DE LA GUERRE D’ISRAEL CONTRE GAZA

Le gaz représente un enjeu mondial de la plus haute importance. Il occupe une place croissante dans les rapports géopolitiques et grâce à la diversité de ses usages (industrie, production de l’énergie électrique…) il a un rôle majeur à jouer dans le fonctionnement de l’économie mondiale.

La découverte ces dernières années de gigantesques réserves de gaz naturel en Méditerranée orientale aiguise l’appétit des pays de la région moyen-orientale et réanime les tensions géopolitiques notamment depuis le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

L’Egypte, Israël, La Jordanie, le Liban, les pays du Golfe directement concernés par ces découvertes, ont mis en place des projets de partenariat de grande envergure avec Israël.

De tels projets et partenariats avec l’Etat hébreux ne peuvent que peser sur leur position vis-à-vis de la guerre que livre Israël contre Gaza.

LE GAZ DE GAZA : UN ENJEU GEOPOLITIQUE ENORME POUR ISRAEL

En 1999, l’autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat, signe avec British Gas et un partenaire libanais un accord leur garantissant le droit de prospecter pendant 25 ans.

EN 2000, la compagnie British Gas (BG Grup) fait la découverte d’importants gisements de gaz au large de Gaza.

Ces gisements estimés à 30 milliards de m3, sont situés à seulement 30 kilomètres de la côte de Gaza et 600 mètres de profondeur. Une telle situation géographique réduirait considérablement les coûts du forage, de l’exploitation et de l’acheminement du gaz.

Pour Israël, il est devenu impensable de laisser une telle ressource bénéficier aux palestiniens, alors qu’elle peut l’utiliser pour garantir sa sécurité énergétique et en même temps devenir un acteur important du marché stratégique du gaz.

Comme il fallait s’y attendre, l’accord passé entre l’Autorité palestinienne et British Gas n’a jamais vu le jour. En effet, le moment de son démarrage coïncida, comme par enchantement, avec le déclenchement de la deuxième Intifada.

Il faut rappeler à ce propos que c’est Ariel Sharon qui a provoqué cette deuxième Intifada lorsqu’il est allé sur l’esplanade des mosquées en septembre 2000.

De l’annulation de cet accord et la provocation de Sharon, il n’y avait qu’un pas et ce pas a été vite franchi.

ENJEU ÉCONOMIQUE DU GAZ ET RAPPROCHEMENT ENTRE ISRAËL ET CERTAINS PAYS ARABES

La découverte ces 20 dernières années d’inestimables réserves de gaz naturel sous les eaux de la Méditerranée orientale ont suscité un grand intérêt des pays de la région moyen-orientale et réanimé les tensions géopolitiques. Le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ont transformé cet intérêt en enjeu vital pour l’économie mondiale.

Au nom d’une prétendue diplomatie pragmatique, des accords commerciaux, des perspectives de partenariats autour de l »exploitation du gaz sont conclus entre États arabes, Israël et l’Europe.

Si les motivations des Emirats et du Bahrein signataires des accords d’Abraham en septembre 2020 sont dictées par des intérêts financiers et des prétentions de puissance régionale, le cas de l’Egypte est différent.

En effet, ce pays est devenu depuis plusieurs années importateur net à cause de l’augmentation de la consommation intérieure et la baisse de la production du gaz.

Un accord a été signé en juin 2022 entre l’Union Européenne, Israël et l’Egypte suivant lequel, Israël extrait le gaz, l’envoie vers l’Egypte qui le transforme en produit liquéfié avant de l’exporter vers l’Europe par des méthaniers (grands bateaux réservés au transport de gaz liquéfié).

QUELQUES EXEMPLES SIGNES ENTRE ISRAËL ET DES PAYS ARABES

A titre de rappel, voici quelques exemples d’accords portant sur l’exploitation du gaz, impliquant Israël, l’Europe et des pays arabes :

⁃ Juillet 2019, un accord d’importation du gaz israélien par la compagnie nationale jordanienne NEPCO. Le royaume jordanien a essayé de tenir au secret cet accord conclu, malgré des conditions draconiennes imposées par Israël.

⁃ Avril 2021, La société d’investissement émiratie Mubadala conclut un accord de principe avec la société israélienne Delek qui concerne l’investissement de 1 milliard d’euros dans l’exploitation des gisements israélien de gaz naturel découvert ces dernières années en Méditerranée ;

⁃ Juin 2022, accord tripartite Israël-Égypte-Union européenne, signé au Caire, il permet à l’ Union Européenne d’importer du gaz israélien via l’Égypte qui possède 2 usines de liquéfaction ;

⁃ Octobre 2022, accord entre Israël et le Liban, avec une médiation américaine et française, pour délimiter les frontières maritimes dans une zone riche en ressources gazières ;

⁃ Mai 2023, discussion entre Israël, l’autorité palestinienne et l’Égypte autour de l’exploitation du champ gazier situé au large de la bande de Gaza et découvert en 1999 dans les eaux territoriales palestiniennes. Ce gisement n’a toujours pas été exploité, faut-il le rappeler.

LE PEUPLE PALESTINIEN : LE MOUTON SACRIFICIEL DE CES ACCORDS

Les accords d’Oslo signés en 1993 entre Arafat et Rabin apparaissent avec le temps comme une succession de renoncements et de concessions de la part de l’OLP en échange de quelques miettes et promesses fallacieuses jamais tenues par Israël.

Loin des objectifs euphoriques annoncés tambour battant, ces accords n’ont fait qu’accompagner d’impitoyables politiques de confiscation des terres, de colonisation brutale, d’expropriations violentes, associées à une politique d’apartheid et de suprémacisme abject.

Les régimes arabes ont œuvré durant des décennies, dans une sorte de surenchère nationaliste et au nom d’un arabisme fictif, en utilisant la cause palestinienne comme un levier de légitimation politique, de leadership régional ou un moyen de détourner l’attention des problèmes internes.

Après avoir hypocritement sanctuarisé la cause palestinienne, ces régimes l’ont brutalement sacrifié au profit de leurs intérêts financiers et sur l’autel de la lâcheté.

Pour ces régimes cyniques, cupides et répressifs, l’argent du gaz vaut mieux que le peuple de Gaza.

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